Freelance : le bilan 1 an après


Il y a un an, j'étais encore salariée, en train d'écluser mes derniers jours de congés après mon congé maternité pour profiter encore un peu de bébé. Je profitais de mes derniers moment de quiétude avant de faire, ce que j'avais appelé à l'époque le saut dans le vide : quitter ce CDI confortable, à deux pas de chez moi, avec un boss super cool pour devenir free-lance dans la communication.

Ou, plus précisément puisque j'exerçais déjà quelques missions en free-lance en mode "un peu de beurre dans les épinards", à 100% à mon compte, sans filet derrière. Le défi (de taille) était donc que le beurre dans les épinards devienne le beurre tout court.

Je m'étais donnée un an pour sortir un salaire correct, voir si ce mode de vie me convenait, si c'était vraiment ce qui je voulais faire. Si la présence humaine (que je ne supportais plus, étant harcelée au travail par d'affreux collègues - bouh) n'allait pas, au final me manquer.

Le verdict ? Juste en dessous ma p'tite dame.

freelance, mon bilan un an après

Les avantages de ma vie de free-lance

Ils sont nombreux, inestimables, si précieux. S'organiser comme on veut, sans horaires fixes, travailler le weekend, entre midi et deux si on a envie, aller chercher les enfants plus tôt pour les emmener au parc, faire une pause et prendre les baskets pour aller courir juste parce qu'il y a un rayon de soleil entre deux averses, je vais vous dire un truc : ça n'a pas de prix. C'est quand le salariat s'arrête qu'on se rend compte du bonheur d'avoir de la liberté, pas de compte à rendre à quiconque (bon, OK, aux clients, mais ça c'est normal ;-)

Je pense que j'ai arrêté pile au bon moment : entre la maternelle qui a refusé pendant 3 semaines de prendre mon fils à la cantine et au périsco sous prétexte qu'il n'avait pas 3 ans, l'arrêt maladie de ma nounou, le confinement qui est venu se rajouter, sans compter une petite grippe par-ci, une gastro par là qui font qu'on doit rester à la maison garder les enfants ou les emmener chez le médecin, très franchement je serais actuellement à -55 jours de congés (au moins) avec la perspective de ne pas prendre de vacances avant 2025. (j'exagère à peine)


freelance, mon bilan un an après

Les désavantages de ma vie de free-lance

Ma vie sociale est réduite à néant, ou presque. Elle n'était déjà pas trépidante avant, faute de babysitter, mais là c'est la fin des haricots. Je m'étais dit que j'irais dans un espace de co-working pour nouer des liens avec d'autres indépendants, et puis non. Prendre la voiture, faire le trajet, me retrouver dans une autre ambiance - sûrement enrichissante - mais dans laquelle je n'ai pas de repères, où je vais forcément être moins efficace qu'à la maison, et en plus payer pour ça, bof. Je le vois plus comme une perte de temps, et du temps, bien que j'ai choisi d'être free-lance, je n'en ai pas plus qu'avant. Je vous explique ça plus bas, promis.

Je ne suis pas certaine que tout le monde ait bien pigé ce que je faisais. Quand je dis que je suis à mon compte, on me répond parfois "ah, c'est bien, comme ça tu peux t'occuper des enfants en même temps". Ben oui mais non. J'ose à peine rétorquer que non, l'un va à la maternelle et l'autre chez la nounou de peur de passer pour une mauvaise mère. L'autre, elle passe ses journées à la maison et elle fait garder ses mioches ! Pas gonflée la meuf.

Certains auront peut-être mieux compris, avec le confinement, à quoi se résumait le travail ET le babysitting en même temps : à un incroyable binz'. Parce que tu n'es pas efficace dans ton boulot quand on te tire par la main en criant "Mamaaaaan" et parce que tu n'es pas efficace pour faire un garage avec un pont en kapla quand tu checkes ton téléphone en même temps. Bref, je n'y arrive pas.

Mon travail en lui-même reste assez flou pour beaucoup et je ne sais pas toujours bien comment le définir, d'autant qu'il regroupe plusieurs activités. Moi-même je me suis demandé ce que j'allais bien pouvoir mettre sur ma carte de visite. Social Media Manager ? Ca claque bien mais 2 personnes sur 3 n'ont aucune idée des taches que cela implique.
J'ai donc opté pour "Chargée de Communication Digitale", ou alors, je réponds directement en expliquant le schmilblick : je m'occupe de la comm' digitale de plusieurs entreprises. Si ça suffit pas, je rentre dans le détail : je fais du community management et de la rédaction web SEO (en réalité pas que ça, mais ça donne déjà une bonne idée). Et si on me demande ce que c'est que du SEO, là on se pose parce que la conversation va être un peu longue :-)

maman freelance, mon bilan un an après

J'ai aussi le sentiment quelque part, de devoir justifier de mon activité pour aller au delà des idées reçues : à la maison = branleuse. Moins chez les jeunes, qui ont compris que le télétravail et l'indépendance avaient leurs avantages, un peu plus pour les plus vieux qui croient toujours que travailler c'est forcément être assis dans un bureau de 9h à 18h avec cinq semaines de congés par an.

Et puis je suis sans filets. On ne va pas se mentir, quand tout va bien, c'est cool, mais j'ai toujours cette petite ombre en filigrane : tout repose sur mes épaules. Je prends l'exemple au hasard parce qu'il est d'actualité : si je chope le Covid, que je pars à l'hôpital, qu'est-ce qui se passe ? Je perds mes contrats. Alors on positive, on met ça dans un coin de la tête, mais ça existe, en arrière plan.

Mon bilan après 1 an de free-lance

Pour faire court : archi-positif. C'est la meilleure décision que j'ai prise de toute ma vie. Je ne dis pas que j'aurais toujours cette opinion, j'aurais peut-être un jour envie de retrouver un rythme de travail plus cadré, un chef, des collègues, mais ce jour n'est pas arrivé (et il me semble un peu lointain en toute franchise).

Les avantages me semblent très largement dépasser les inconvénients qui ne sont que du pipi de chat (au final, je m'en fiche si on ne comprend pas ce que je fais et si je passe pour une dilettante) Car mes journées sont chargées, très chargées même. Dès que j'ai annoncé ma démission, j'ai eu beaucoup de chance : tout s'est aligné et j'ai trouvé de suite mes contrats. D'anciens contacts qui cherchaient quelqu'un, d'autres à qui j'avais parlé quelques mois plus tôt de mes projets qui recherchaient justement une CM. Mon ancien employeur qui a proposé spontanément que je garde quelques missions pour lui. Moi qui m'étais préparée à une période de vache maigre, à poireauter sans but devant mon ordinateur en attendant qu'on me demande un devis, à peut-être devoir me brader pour gagner trois francs six sous et payer mes factures tant bien que mal, j'ai eu l'énorme chance de démarrer tout de suite, au taquet, et de me sortir un salaire correct dès le début (pas mirobolant le premier mois certes, mais quand même !).

J'ai démarré dans le "haut", je sais qu'il y aura des bas qui viendront certainement nuancer tout cela, des coups de pompe, des coups de blues, des "j'ai envie d'arrêter", mais pour l'instant je ne reviendrais en arrière pour rien au monde.

J'ai eu raison d'y croire, et quand bien même j'aurais eu tort, j'aurais eu raison d'essayer.
#lemotdelafin


devenir free lance : mon bilan un an aprèsmaman et free lance : mon bilan

bilan rédactrice web et community manager free lance

4 commentaires

  1. Coucou!
    Merci pour ce bilan, je l'attendais avec impatience ;) (quoi, déjà un an?!)

    Je suis traductrice et j'exerce en salariée mais comme tu le sais ça existe en free-lance aussi et je comprends bien ce que tu entends par "tu as l'impression que les gens ne comprennent pas ton travail". Bah, l'important c'est que tes clients eux le comprennent, les autres apprendront! Surtout que chargée de comm' numérique, c'est en plein essor..pour nos enfants ce sera un "vieux" métier si ça se trouve ^_^

    C'est fou que tu doives faire face à des remarques concernant la garde de tes enfants. En fait le problème c'est le statut du travail de Freelance ou celui de mère? Maison = pas de travail "sérieux" donc possibilité de garder les enfants "à côté"?! Archi-faux. Le covid devrait avoir éduqué le monde à ce sujet, non? Tout le monde s'est rendu compte (j'espère) que bosser et garder les enfants c'est mission impossible.

    En tout cas, je suis ravie pour toi de ta réussite et je te souhaite des belles années en perspective, avec l'entrain qu'il faut pour traverser les éventuelles périodes creuses.
    :)
    Stéphanie

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    1. Coucou Stéphanie,

      Merci pour ton adorable commentaire et tes encouragements. Je fais aussi parfois un peu de traductions car j'ai une formation en langues à la base :-) Je crois que le confinement en effet a fait un peu évoluer les choses. Mais les plus vieilles générations ont du mal à concevoir qu'on puisse travailler à la maison. De gros bisous !

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  2. Salut! Pas sûre que mon premier commentaire soit passé...

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