Une journée sur le sentier de rando Felix Batier

 

C'est un objectif sportif que j'ai depuis longtemps dans ma bucket list (je vous en parlais déjà en 2018) : parcourir un jour le Batier, ce sentier de randonnée long de 50 kilomètres qui part du centre ville de Dijon, pour rejoindre Nuits Saint Georges plus au sud.


Notre objectif : Chenove-Chambolle-Musigny

Depuis l'arrivée des kids, cet objectif est peu réalisable (la rando s'effectue sur deux jours et nous n'avons pas de bonne âme pour les garder). Toutefois, on a profité de la rentrée pour s'octroyer une journée sur le sentier. Nous avons, top chrono, 7 heures devant nous (entre le moment où on dépose l'aîné à la maternelle et le moment où on doit aller le chercher), je checke un peu le parcours et je me décide pour la portion Chenove > Chambolle-Musigny, ce qui, selon la trace que j'ai trouvée sur Internet, représenterait 20 kilomètres et 750 mètres de dénivelé. Cela représente du 3 kilomètres heure, je sais que le parcours est exigeant mais cela semble bien. En solution de repli, on peut s'arrêter à Morey (si on est en retard) ou à Gevrey-Chambertin (si on est très, très en retard, ou épuisés LOL) et rejoindre la voiture par la route pour gagner du temps. 

Jour J : tôt le matin, Monsieur emmène sa voiture à Chambolle et rentre en vélo, ce qui constitue un bon échauffement ! (Il aime bien corser les choses :-) Il faut dire qu'il ne connaît pas le parcours, contrairement à moi qui en emprunte souvent des portions dans mes séances trail. Il croit qu'on va boucler le tout en 4 heures et passer l'aprèm sur le canapé. Il est drôle !



Bref, on dépose les kids, je gare ma voiture en haut des lacets de Corcelles, là où le sentier traverse la nationale. On commence au kilomètre 15, à peu près, et je sais qu'on commence à l'endroit où le parcours devient difficile voire franchement technique. 

Le sentier Felix Batier, ou comment se faire chauffer les cuisses

On a un petit kilomètre en gentille descente et en faux plat montant devant nous, easy les amis, et on s'attaque à une belle montée suivie d'une descente pour le moins engagée, et hop ça remonte à pic 300 mètres plus loin. Car l'essentiel de la difficulté consiste à descendre tout droit dans les combes, et à remonter directement en face. Vous avez donc pas mal de magnifiques points de vue sur la route, ce qui fait toute la beauté de cette rando. 



Il y a pas mal de pierriers (avec des pierres qui donc se dérobent sous vos pieds quand vous prenez appui, ce qui est un peu le principe du pierrier), des passages où il faut mettre les mains, et plus loin, de vrais passages d'escalade. Les cuisses chauffent bien, pas de soucis ! Heureusement il y a aussi de belles portions de plat, où on peut se refaire la cerise, donc au final, tout s'enchaîne plutôt bien. 

On s'arrête vers 12h manger un sandwich, on est dans la combe de Brochon. On se pose sur une pierre pendant 15 minutes, pas de temps à perdre. On est légèrement au dessus du rythme de 3kms / heure, on marche d'un bon rythme. On perd un peu de temps dans les descentes car je suis un peu chochotte : je préfère prendre mon temps et assurer mes appuis que dévaler la pente en mode roulé-boulé. Monsieur a grandi à Grenoble et a un peu plus le pied montagnard que moi. Ce qui ne lui empêche pas d'avoir rapidement des ampoules et mal aux pieds.


Variantes faciles et passages délicats

Pour la première fois on se trompe de chemin. Il y avait une variante difficile, qu'on a choisi de zapper, et qui nous induit en erreur. A plusieurs reprises, sur le parcours, vous trouverez des variantes qui n'ont jamais le même nom : variante difficile, variante sportive, passage délicat...dans tous les cas, la signification est la même : vous allez devoir escalader un p'tit bout. Ca se fait, il faut être vigilant, bien repérer ses prises, et en avoir encore un peu dans les cuisses. A noter que certaines "mini-escalades" ne sont pas évitables. Bref, on décide d'éviter cette portion, car je sais qu'elle est ardue. Si c'était à refaire, je la ferai car le détour pour passer outre est conséquent, et s'il est certes facile, il nous fait perdre du temps, rajoute du kilométrage, et surtout n'est pas très bien balisé. Bref, nous revoilà sur le chemin, on arrive du côté de Gevrey.


L'arrivée à Gevrey : ça se complique

On a 14 kms au compteur, et je m'étonne car selon le parcours, on traverse la nationale à 17kms. On est juste à côté. C'était sans compter sur la blague de M.Batier, puisque le sentier va vous balader dans la combe, des vignes jusqu'aux falaises. On est tout prêts de la nationale, mais on n'y est pas : il faut encore crapahuter et désescalader un passage délicat avant d'y arriver. Enfin, on y est !

On commence à être juste niveau timing pour aller jusqu'au Laminoir de Chambolle, je le sais. Selon la carte, une belle montée nous attend, et ensuite pas mal de plat. On se dit que si on ne perd pas trop de temps dans la montée, c'est encore jouable. LOL. 



Je tombe sur la plus dure montée que j'ai jamais rencontrée. Ca commence par un bon pierrier bien pentu, mais ça ne s'arrange pas quand on arrive sur la terre / racines, etc. L'inclinaison est dingue, c'est hypra raide, je dérape, je me hisse en m'accrochant aux racines qui sortent de terre (heureusement il y en a pas mal, et elles sont bien fixées !) J'ai l'impression d'être couchée sur le terrain (ce qui ne doit pas être loin d'être vrai). Ca brûle, ça étouffe, je ne sais pas si la fatigue amplifie la difficulté, mais même avec le recul, je considère cette montée comme la plus exigeante que j'ai jamais faite

Vous vous en doutez : on n'est plus du tout dans le timing. On essaie de regagner du temps sur le plat, mais au niveau de Morey, on décide de quitter le sentier pour rejoindre Chambolle par la route. On a bien fait, on est arrivés à l'école avec 3 minutes d'avance. Les autres parents ont dû halluciner en me voyant arriver en mode zombie, dégoulinante de sueur et les jambes pleine de terre :-)



C'est rageant d'échouer si près du but, mais on n'a pas dit notre dernier mot et on retentera notre chance ;-) Pour info, on est à ce stade loin des 20kms et 750D+ prévus, puisqu'on est à environ 24kms et plus de 1000D+. Et nous bifurquons à environ 2 kilomètres de l'objectif final...Méfiance donc si vous vous fiez à une trace récupérée sur Internet : certaines sont fausses, et pas qu'un peu !

Quelques infos pour préparer votre randonnée du Batier :

- en raison des passages délicats, mieux vaut s'y frotter pendant l'été, sur terrain bien sec. 

- Prévoir beaucoup d'eau :  il n'y a pas d'eau sur le parcours, et pas de possibilités de ravitaillement. Nous avons consommé respectivement 2 et 3L, et on n'aurait pas dit non à plus ! Vous n'êtes jamais loin des villages viticoles de la côte : en cas de problèmes, vous pouvez redescendre faire le plein...mais vous rallongerez le parcours ;-)

- les bâtons vous serviront si vous n'êtes pas à l'aise dans les descentes (comme moi). Sinon, on peut s'en passer. 

- n'oubliez pas casquette (même si l'essentiel du parcours est ombragé), barres de céréales ou en-cas, pansement pour les ampoules.

- et bien sûr, un portable bien chargé et une batterie externe. Vous n'aurez pas toujours du réseau dans les combes, mais le sentier est peu fréquenté surtout en semaines (2 personnes croisées en 7 heures de marche) donc mieux vaut être équipé en cas de problèmes.

Plus d'infos ? Je vous invite à lire l'article de Joris, qui a réalisé la portion Dijon-Gevrey sans savoir ce qui l'attendait ;-)


Qui a déjà fait le Batier ? Qui est partant ? 



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