La course à pied, ce sport ingrat.

Des dizaines de kilomètres. Des dizaines d’heures d’entrainement. J’ai donné sans compter depuis ce début d’année pour atteindre mon objectif sportif de 2015 : courir un trail de 47 kms, très vallonné (1800D+) et très technique.

C’était la suite logique après un marathon, même si les deux efforts n’ont rien à voir. Le temps d’effort non plus, je misais sur environ 7 heures de course, même si le but premier, c’est encore et toujours de finir ;-)

Les seize premières semaines d’entrainement se sont super bien passées, et mes courses de préparation aussi : un trail de 30kms fin mars, un autre de 35 en avril, et puis, début mai, un « petit » trail de 21 kms : je tenais à le faire car c’était un trail caritatif, et surtout, il était organisé par mon petit village au fin fond de la Bourgogne – une première !



L’échauffement se passe nickel, les deux premiers kilomètres aussi. Mais rapidement, une douleur dans le genou apparaît, assez vive. Je n’y prête pas tellement attention, mais je ne peux pas l’ignorer non plus : on est dans les bois, le sentier est détrempé, il y a des trous d’eau où on s’enfonce jusqu’au genou : je n’ai aucun appui valable pendant 21 kms, cette course est une succession de glissades, dérapages, baskets qui collent dans la boue et qui pèsent trois tonnes. Un cauchemar (en tout cas pas le genre de terrain qui me botte, seuls les cochons doivent apprécier). Et puis toujours, cette douleur qui s’intensifie, une fois l’effort terminé, je boite et je ne peux plus m’appuyer sur ma jambe.

Le médecin est rassurant : petite tendinite avec légère atteinte de l’os, dix jours de repos, et ça va le faire. Cool, ça ne remet pas en cause mon objectif (on est à J-30), même si ce n’est pas idéal.


Je suis aujourd’hui à J-1 et je n’ai toujours pas recouru. (enfin, pas plus de 500m). Cette course pour laquelle j’ai tant donné, pour laquelle j’ai tiré un trait sur mes grasses mat’ (chouette les départs à 7h du mat’ le dimanche matin pour aller courir pendant 5h), que j’ai repérée en long en large et en travers, sur laquelle je me suis chronométrée pour me booster et passer la barrière horaire à temps, et bien ce sera sans moi.



 
La course à pied est un sport ingrat. Je n’ai eu aucun signe de mise en garde. Pas de douleur jusqu’à présent, rien qui m’aurait dit de ralentir, d’ailleurs je me suis inscrite à cette fameuse course deux jours avant de me blesser, sans prendre d’assurance annulation tellement j’étais confiante.

J’en suis à un mois d’arrêt sans amélioration, mais je sais déjà que quand je vais reprendre, mes poumons vont brûler, mes muscles s’endolorir, j’aurais presque tout perdu et il me faudra à nouveau des semaines pour revenir à mon niveau d’avant. Arrêter la natation un mois, ça ne pose pas de problèmes, arrêter la course à pied le même laps de temps, c’est tout perdre et repartir en bas de l’échelle. Sport ingrat que j’aime mais qui ne me le rend pas.

Ce samedi 30 mai, mon objectif me passera sous le nez, la course se fera sans moi, mes copines cueilleront le fruit de leurs efforts, et moi j’essaierai de faire comme si on n’était pas le jour J. Vivement dimanche, hein.

Vous avez déjà raté un objectif – sportif ou autre – si près du but ? Comment digérez-vous cet « échec » ?


8 commentaires

  1. Je suis triste pour toi, après tous ces efforts c'est vraiment dommage !
    Biz Deltreylicious

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    1. Je me dit que ça ne devait pas se faire...Merci pour ton petit mot Deltrey !

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  2. Mince.
    Bon courage pour la reprise de l'entrainement alors.
    BIses
    Ciloucr

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  3. Ouille !
    Par contre, crois moi, ça ne se perd pas :)
    Tu connais mieux ton corps et tes limites, tu reprendras bien plus vite que ce que tu ne le penses !

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    1. Bah ça se perd pas...oui et non. Une année j'ai dû arrêter 15 jours, je t'assure que la reprise a été très dure...Mais comme j'ai fait pas mal d'endurance dernièrement, je me dis qu'on la perd peut-être moins facilement que la vitesse.

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  4. Aïe, je suis désolée pour toi.
    Mais ça n'est que partie remise ! Je suis sûre que tu vas vite reprendre le dessus.
    Je ne considérerais pas ça comme un échec, mais plutôt comme une expérience. Comme le dit Claire, c'est une façon d'apprendre à mieux connaître ton corps et ses limites.
    Même si au moment où ça arrive, tu ne le vis pas super bien.
    Je suis sûre que ton prochain objectif sera une réussite !
    Prend bien soin de toi Miss
    Des Bisous Guérisseurs

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    1. C'est un échec indépendant de ma volonté. Bon le vrai échec ce serait de laisser tomber mais je vais la courir un jour ou l'autre cette course :-) Merci pour tes bisous guérisseurs (n'hésite pas à mettre la dose, il faut bien ça !)

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